Pesticide Proteus : nouvelle menace pour les apiculteurs français

L’apiculture semble être un métier en voie de disparition en France. En plus des ravages du frelon Vespa Velutina, de l’utilisation des pesticides Cruiser et Gaucho par les agriculteurs, du prix dérisoire des produits de la ruche, la société Bayer a ajouté une nouvelle menace pour les abeilles en faisant la promotion du pesticide Proteus.

Pesticide Proteus : un danger imminent pour les abeilles

La société d’envergure internationale Bayer, œuvrant dans la création de produits et services destinés à améliorer la qualité de vie de l’homme, a mis au point un nouveau pesticide à l’attention des agriculteurs. Dénommé Proteus, le pesticide a été élaboré dans le courant du mois d’août 2009. Fabriqué à base de deltaméthrine et de thiacloprid, le produit est sans conteste de la même famille que les pesticides Cruiser et Gaucho. Le produit est destiné à être utilisé sur le colza, les céréales et les betteraves. Le pesticide Proteus sera homologué puis mis à la disposition des agriculteurs dès le printemps.

Le pesticide Proteus représente un danger pour l’apiculture française dans la mesure où il sera grandement utilisé sur le colza. L’utilisation du pesticide Proteus sur le colza vise essentiellement la limitation de la propagation du charançon des siliques. Le souci émane du fait que le charançon des siliques entame son processus de développement lors des débuts de floraison du colza. Les agriculteurs profiteront alors de cette période afin d’arroser les plantes de pesticide. La persistance des effets du produit dure cependant plusieurs semaines. Les abeilles seront donc décimées après avoir butiné les fleurs de colza.

Pesticide Proteus : les apiculteurs haussent le ton

L’homologation du pesticide Proteus ne ravit aucunement les apiculteurs français. Malgré les actions et sensibilisations effectuées par l’Union Nationale de l’Apiculture Française, le syndrome de l’effondrement des abeilles reste encore un problème sans solution. Les pesticides Gaucho et Cruiser abondent encore sur le marché, le frelon Vespa Velutina continue son développement et se trouve déjà dans plus de 17 départements de France, l’hiver accentue la mortalité des abeilles et les produits de la ruche sont disponibles à des prix dérisoires sur le marché. L’apiculture est en passe de devenir un métier sans avenir sur le territoire français.

L’Union Nationale de l’Apiculture Française hausse le ton face à l’homologation imminente du pesticide Proteus. En effet, les quantités de miel stagnent actuellement aux environs de 20 000 tonnes par an contre 32 000 tonnes dans les années 80. Si les agricultures daignent imprégner le colza de pesticide Proteus, une substance très toxique pour les abeilles, ces rendements risquent de baisser encore à 10 000 tonnes voire moins. Les apiculteurs revendiquent une étude plus poussée concernant la toxicité du pesticide Proteus sur les abeilles. Dans le même ordre d’idée, l’association des apiculteurs souhaitent une évaluation des pesticides à l’échelle européenne avant toute attribution d’homologation.


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