Urbanisation des terres agricoles françaises : la forêt perd du terrain.

La forêt a cessé de gagner du terrain depuis 2008 selon les statisticiens du ministère de l’agriculture. Ceci est principalement dû à l’urbanisation massive des territoires agricoles abandonnés.

L’urbanisation des terres agricoles a pris la place au boisement.

La France est l’un des rares pays qui a depuis longtemps augmenté ses surfaces forestières. Si dans plusieurs pays du monde, la déforestation gagne du terrain, en France depuis le milieu du XIXè siècle, c’est la forêt qui gagne un peu plus chaque année en superficie. Mais voir la France posséder la plus grande surface de sols reboisés au monde appartient aujourd’hui aux contes de fée, d’après l’enquête Teruti sur l’utilisation du territoire publiée dernièrement. Selon les experts en statistiques du ministère de l’agriculture, la forêt française a arrêté son occupation progressive.

L’enquête Teruti étudiait en effet depuis les années 60 l’évolution des occupations territoriales sur environ 300 000 points du territoire. Et d’après les résultats rassemblés, la surface des sols boisés a diminué en 2008, soit 16,946 millions d’hectares contre 16,974 millions d’hectares auparavant. C’est l’urbanisation massive des sols qui est pointée du doigt comme étant la cause principale de ce recul. Avant, une partie des terres agricoles abandonnées était convertie chaque année en sol boisé, mais aujourd’hui l’artificialisation des sols s’accélère. Entre 1982 et 1992, 54 000 hectares de sols par an ont été urbanisés tandis qu’entre 2006 et 2008, 74 000 hectares de terres l’ont été.

L’urbanisation des terres agricoles doit être freinée.

Avec une urbanisation continue des terres agricoles, la France risque de devenir une grande importatrice de produits agricoles en 2050 et deviendra ainsi dépendante d’autres pays. Mais cette tendance peut s’expliquer car le foncier est beaucoup plus profitable que l’agriculture. La valeur d’une terre destinée à l’agriculture est évaluée à environ 5 170 euros par hectare en 2008 d’après la fédération des Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural ou Safer. Le sol est cependant 14 fois plus rentable dans la Creuse s’il devient constructible, 50 fois plus à Toulouse et 300 fois plus à Paris.

Différentes solutions peuvent être appliquées pour pallier ce problème d’urbanisation massive des terres agricoles. Des offices fonciers peuvent par exemple être mis en place pour l’achat des terres octroyées par la suite à la collectivité. Il faut dans ce cas que les élus cessent d’être tentés par l’urbanisation, source de recettes fiscales. Les SCOT ou schémas de cohérence territoriale créés par la loi SRU de 2000, invitant à la préservation des terres agricoles est une autre alternative, mais les résultats ne sont pas encore tangibles. Du 14 au 21 mars 2010, le parlement discutera de la loi sur la modernisation agricole. Les plus-values excessives pourront être taxées, et le gaspillage ralentira de moitié d’ici 2020.


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